La durée de vie d’un matelas
Un matelas tient en moyenne une dizaine d’années, avec de fortes différences selon son âme : moins pour une mousse peu dense, davantage pour…
Matelas et literieCôte à côte
Un matelas se juge d’abord à son âme, la partie qui porte le poids. Mousse ou ressorts : voici ce qui change vraiment entre les deux, matière par matière.
Par Aymeric LebretonMis à jour le

| Critère | Mousse | Ressorts |
|---|---|---|
| Ce qui porte le corps | Un bloc de mousse, parfois en plusieurs couches | Des ressorts d’acier, ensachés ou reliés entre eux |
| Sensation à l’accueil | Enveloppante, le corps s’enfonce un peu | Plus tonique, le matelas renvoie le poids |
| Circulation de l’air | Plus faible, la mousse garde la chaleur | Plus forte, l’air passe entre les ressorts |
| Mouvements du voisin | Bien absorbés par la mémoire de forme | Bien isolés avec des ressorts ensachés |
| Repère technique | La densité, en kg par m³ | Le type de ressort et sa répartition |
| Poids et manutention | Plus léger, plus facile à tourner | Plus lourd, à manier à deux |
Un matelas se compose de trois parties. L’âme porte le poids. Le garnissage, posé dessus, règle l’accueil, c’est-à-dire la sensation des premières secondes. Le coutil, enfin, enveloppe le tout. Quand on parle d’un matelas en mousse ou d’un matelas à ressorts, on parle de l’âme, et seulement d’elle.
La nuance compte, car les deux familles se croisent. Un matelas à ressorts ensachés reçoit presque toujours une couche de mousse ou de latex au-dessus des ressorts. Sans elle, on sentirait l’acier. Le matelas dit hybride assume ce mélange : des ressorts en dessous, plusieurs mousses au-dessus. La question « mousse ou ressorts » revient donc à choisir ce qui travaille en profondeur.
La mousse de literie est une matière alvéolaire, le plus souvent du polyuréthane. On en distingue trois familles. La mousse polyéther, de faible densité, donne des matelas légers et souples, surtout pour un couchage d’appoint. La mousse dite haute résilience reprend sa forme rapidement après la pression. La mousse viscoélastique, appelée mémoire de forme, réagit à la chaleur du corps et en prend l’empreinte avant de revenir lentement.
Le repère qui compte est la densité, exprimée en kilos par mètre cube. Plus la mousse est dense, moins elle se creuse sous le poids et avec les années. Les associations de consommateurs retiennent un seuil de 35 kg par m³ : en dessous, une mousse convient surtout à un lit d’enfant ou d’invité. Elles conseillent aussi une épaisseur de 16 à 18 cm au moins, et de 20 cm pour une personne de forte corpulence. Une mousse épaisse mais peu dense reste fragile : elle paraît confortable aux premiers essais et marque vite à l’usage.
Deux techniques dominent. Les ressorts biconiques, souvent appelés Bonnell, ont une forme de sablier et sont reliés entre eux par un fil d’acier. Ils forment une seule nappe : quand une zone s’enfonce, les ressorts voisins suivent. Les ressorts ensachés sont cousus chacun dans une petite poche de tissu. Ils travaillent un par un, ce qui limite la transmission des mouvements d’un dormeur à l’autre. Cette indépendance autorise aussi des zones de fermeté différentes sur la longueur du matelas.
Le grand avantage de l’acier tient au vide qu’il laisse. L’air circule entre les ressorts et évacue la chaleur et l’humidité de la nuit. Un matelas à ressorts de bonne facture tient en général une dizaine d’années, à condition de reposer sur un sommier adapté. Le revers : un matelas à ressorts pèse lourd et se manie mal seul.
Les deux âmes ne se décrivent pas avec la même unité. La mousse s’annonce par sa densité, les ressorts par leur nombre ou leur type. Un nombre de ressorts, isolé, ne dit pas grand-chose : la grosseur du fil d’acier et la hauteur des ressorts pèsent autant sur la fermeté. Comparer un matelas en mousse et un matelas à ressorts sur la seule épaisseur n’a donc pas de sens.
Le transport diffère aussi. La mousse se comprime : beaucoup de matelas en mousse voyagent roulés sous vide et reprennent leur volume en quelques heures. Certains matelas à ressorts ensachés se roulent également, mais pas tous. Un matelas à ressorts biconiques ne se plie pas. Pour un escalier étroit ou un étage sans ascenseur, la question mérite d’être posée avant de choisir.
Un matelas ne travaille jamais seul. Les pages de fabricants associent volontiers les ressorts ensachés à un sommier à lattes renforcé ou à un sommier tapissier, dont la surface régulière les soutient sur toute la longueur. Un matelas en mousse demande des lattes assez rapprochées pour ne pas se creuser entre elles. La notice indique l’écart toléré : c’est le document à lire avant de garder un ancien sommier.
Pour savoir combien de temps chaque âme tient, voir notre fiche sur la durée de vie d’un matelas. Pour le protéger dès la première nuit, voir celle sur l’alèse de matelas, qui se pose sous le drap-housse.
Il pèse lourd, ce qui complique les rotations et les déménagements. Avec des ressorts biconiques reliés entre eux, les mouvements d’un dormeur se transmettent à l’autre. Un modèle usé peut aussi grincer. Il réclame enfin un sommier ferme et régulier.
Une mousse peu dense se creuse avec le temps, surtout là où le corps appuie le plus. La mousse garde davantage la chaleur que des ressorts, en particulier la mousse à mémoire de forme. Sa tenue dépend presque entièrement de sa densité, rarement mise en avant.
Aucune âme ne l’emporte pour tout le monde. La mousse donne un accueil enveloppant, les ressorts un appui plus tonique et plus aéré. Le confort tient aussi au garnissage posé au-dessus et au sommier. Le seul juge reste votre ressenti, allongé plusieurs minutes.
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