Bois, tissus et matièresComprendre

Velours d’ameublement : un tissu à poil, ses fibres et ses familles

Le velours habille fauteuils, canapés, rideaux et coussins. Derrière ce mot se cachent plusieurs tissus, qui partagent une même structure : un fond tissé hérissé de poils.

Portrait d’Ombeline Garrigues, cheveux bruns mi-longs, pull côtelé couleur lin, fond de pièce claire et flouePar Ombeline GarriguesMis à jour le

Nuancier d’échantillons de velours d’ameublement, unis, côtelés et frappés, dans des teintes bleu, ocre et vert

Un tissu à poil, en deux mots

Les dictionnaires décrivent le velours comme un tissu à deux chaînes superposées dont l’endroit est formé de poils très serrés et dressés. L’une des chaînes forme le fond, l’autre fournit le poil. Le velours côtelé fait exception : son poil vient de la trame. Le mot vient du latin villosus, velu, et s’écrit toujours avec un s final, même au singulier : on dit un velours, jamais un velour.

Les anciens dictionnaires de commerce décrivaient déjà la technique : les fils du poil passaient autour d’une fine baguette de métal, puis étaient coupés. Le velours coupé présente des poils ouverts ; quand les boucles restent intactes, on parle de velours bouclé ou frisé. Aujourd’hui, une autre méthode tisse deux étoffes face à face, reliées par les fils du poil, puis les sépare d’un coup de lame.

Le sens du poil et la lumière

Le poil a une direction. La main glisse dans un sens et rencontre une résistance dans l’autre. Selon l’angle, la lumière accroche plus ou moins les fibres : le même velours paraît plus clair ou plus profond. C’est pour cela que toutes les pièces d’un siège ou d’un rideau sont coupées dans le même sens. Un panneau retourné paraîtrait d’une autre couleur.

Les fibres du velours

La soie donne le velours le plus fin et le plus lumineux, mais aussi le plus fragile. Le coton est plus robuste, doux et respirant. Le lin donne un velours au toucher plus sec et à l’aspect plus mat. Les fibres synthétiques, polyester ou nylon, imitent bien l’aspect des fibres naturelles et résistent mieux à l’usure, à l’humidité et à la décoloration ; elles respirent moins.

Pour un meuble très utilisé, la fibre compte autant que l’épaisseur du poil. Un velours de coton dense tient mieux qu’un velours de soie léger. Les velours mélangés, coton et polyester, cherchent un équilibre entre toucher et tenue.

Uni, côtelé, frappé

FamilleAspectEn ameublement
Velours uniPoil court et régulier, surface lisseCanapés, fauteuils, rideaux
Velours côteléCôtes en relief dans la longueurAssises, coussins, poufs
Velours frappéPoil écrasé à chaud selon un motifSièges de style, tentures

Le velours côtelé se classe par le nombre de côtes. Le milleraies, très fin, en compte une dizaine par centimètre ; le côtelé courant, environ cinq ; le velours à grosses côtes, deux à trois. Les grosses côtes, épaisses et lourdes, conviennent aux poufs et aux coussins. Les velours façonnés, enfin, combinent des zones de poil et des zones de fond pour dessiner un décor : ce sont les velours à ramages des sièges anciens.

Un mot qui a fait son chemin

Les dictionnaires anciens citent le velours pour les habits, les tapis de pied, les carrosses, les lits et les ornements d’église. Le tissu, longtemps tissé de soie, était un signe de rang. La langue en garde la trace : jouer sur du velours, c’est agir sans risque ; faire patte de velours, cacher une intention sous une douceur feinte, comme le chat qui rentre ses griffes. Le mot sert aussi pour tout ce qui paraît doux à la vue ou au toucher, d’où l’adjectif velouté.

Ce que le velours apporte, et ce qu’il craint

Grâce à sa densité, le velours retient un peu la chaleur et absorbe une partie des sons : des rideaux épais en velours atténuent les bruits de la rue et l’écho d’une grande pièce. En contrepartie, il craint la lumière directe du soleil, qui fait pâlir les couleurs, et l’humidité, qui ternit les fibres naturelles. Les zones de frottement, accoudoirs et bords d’assise, perdent leur éclat en premier.

Utilisé en trop grande quantité, il alourdit aussi une pièce. Un canapé, des rideaux et des coussins tous en velours font vite masse ; on l’associe volontiers au lin ou au coton lisse. Sur une assise, son comportement au quotidien est détaillé dans notre fiche sur le canapé en velours. Pour un toucher voisin, voyez aussi le canapé en microfibre.

Les clés du velours

  • Le velours se reconnaît à son poil : il a un sens, qui change la couleur perçue.
  • Le mot s’écrit avec un s, même au singulier : un velours.
  • Les fibres naturelles donnent un toucher plus vivant ; les synthétiques tiennent mieux aux frottements.
  • Le velours isole un peu du froid et du bruit, mais craint le soleil direct et l’humidité.

Vos questions

Comment est fait le velours ?

Le velours classique est tissé avec deux chaînes : l’une forme le fond, l’autre le poil. Les fils du poil sont ensuite coupés pour former une surface de poils dressés. Une méthode courante tisse deux étoffes face à face, puis tranche les fils qui les relient.

Est-ce que le velours tient chaud ?

Oui, un peu plus qu’un tissu lisse de même poids. Ses poils serrés retiennent l’air, ce qui en fait une matière chaude au toucher et légèrement isolante. Des rideaux en velours épais limitent aussi les pertes de chaleur près d’une fenêtre.

Faut-il écrire velour ou velours ?

On écrit velours, avec un s, au singulier comme au pluriel : un velours, des velours. La forme velour, sans s, est une faute courante.

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