Le style rococo
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Décoration et objetsComprendre
Un miroir ancien se reconnaît moins à son cadre doré qu’à ce qui se passe derrière la glace. Voici les indices à observer, du reflet jusqu’aux clous du dos, sans chercher à lui donner une valeur.
Par Ombeline GarriguesMis à jour le

Le mot tain vient d’étain. Les miroirs anciens étaient étamés : on appliquait au dos de la glace une feuille d’étain amalgamée au mercure. Ce procédé a ensuite été remplacé par l’argenture, un dépôt d’argent protégé par une peinture, toujours employé aujourd’hui.
Avec le temps, le tain s’altère. Il se couvre de piqûres grises ou noires, de voiles, de marbrures, parfois de zones où il manque et où l’on voit le dos à travers la glace. Le reflet devient un peu sombre, légèrement gris ou chaud, moins net qu’un miroir récent. Ces marques commencent souvent par les bords, là où l’humidité entre.
Un tain abîmé ne se « répare » pas comme une rayure. Le refaire efface une partie de l’histoire de l’objet. Beaucoup d’amateurs préfèrent garder une glace piquée d’origine plutôt qu’une glace neuve.
Dans le vocabulaire du métier, la glace est le verre du miroir. Une glace ancienne est souvent plus épaisse et moins régulière. En bougeant devant elle, on voit le reflet onduler légèrement. À contre-jour ou à la loupe, on repère parfois de minuscules bulles prises dans le verre. Sur la tranche, quand elle est visible, la teinte tire sur le vert ou le gris.
Un petit test donne une indication : approchez la pointe d’un crayon de la glace. L’écart entre la pointe et son reflet renseigne sur l’épaisseur du verre. Il ne date rien à lui seul, mais une glace très fine plaide pour un miroir récent.
Les grands miroirs anciens étaient souvent faits de plusieurs morceaux de glace, assemblés et séparés par de fines baguettes, faute de pouvoir couler de grandes plaques. Le biseau, quand il existe, est large, doux, un peu irrégulier, taillé à la main ; un biseau moderne est net et parfaitement constant.
Un beau cadre ancien est en bois sculpté, couvert d’un apprêt blanc à base de craie et de colle, puis d’une couche de terre rouge mêlée de colle, l’assiette, sur laquelle on pose la feuille d’or. Avec l’usure, les reliefs frottés laissent apparaître ce fond rouge : c’est l’un des signes les plus parlants d’une dorure à la feuille.
Beaucoup de cadres plus tardifs associent un bâti en bois et des ornements moulés en pâte ou en stuc. Ils sont souvent plus réguliers, et une cassure montre une matière blanche et friable. Une simple peinture dorée donne une teinte uniforme, sans profondeur. Le style du cadre aide aussi à situer l’objet :
Le dos en dit souvent plus que la face. Des planches anciennes, rabotées à la main, tenues par des clous forgés, un papier jauni, une étiquette d’encadreur : autant d’indices d’âge. Des agrafes, des vis modernes ou un panneau de contreplaqué signalent une intervention récente. Cela ne rend pas le miroir récent pour autant : un dos se refait, une glace se remplace.
Le miroir dit vieilli est un produit décoratif récent : un verre moderne dont le tain a été traité pour imiter piqûres et voiles. Les marques y sont souvent réparties de façon trop régulière, sur toute la surface, alors que le vieillissement naturel part des bords et des coins. La glace est fine, le reflet parfaitement plan. Rien de trompeur tant que l’objet est présenté pour ce qu’il est.
Une glace épaisse dans un cadre sculpté pèse lourd. Avant de suspendre un miroir ancien, vérifiez l’état des pitons et du fil d’origine, souvent fatigués, et accrochez-le sur deux points avec des chevilles adaptées au mur. L’humidité d’une salle de bains et la chaleur au-dessus d’un feu fatiguent le tain et la dorure. Pour poser un miroir à côté d’autres cadres, notre guide pour accrocher un tableau décoratif donne les repères de hauteur et d’alignement.
Un tain qui s’écaille, une dorure qui se soulève ou une glace fendue relèvent d’un restaurateur de cadres ou d’un miroitier spécialisé. Et pour situer un miroir dans le temps, un expert en mobilier ancien reste le seul à pouvoir conclure.
Le mot dérive du verbe mirer, regarder attentivement, lui-même issu du latin mirari, s’étonner, d’où regarder avec étonnement, admirer. Le miroir est donc, à l’origine, l’objet dans lequel on se regarde avec attention.
Nous ne donnons pas d’estimation. Les éléments qui comptent pour un expert sont l’époque, l’état du tain et de la glace, la qualité de la sculpture et de la dorure, et les restaurations subies. Seul un expert ou un commissaire-priseur peut se prononcer après avoir vu l’objet.
C’est un miroir récent dont le tain a été traité pour imiter les piqûres et les voiles d’un miroir ancien. On le reconnaît à des marques réparties trop régulièrement, à une glace fine et à un reflet parfaitement plan.
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