Art nouveau ou art déco
L’art nouveau, de la fin du XIXe siècle, dessine des meubles en courbes souples inspirées des plantes et des insectes, sculptés dans des bois…
Styles et mobilierComprendre
Le rococo est l’art du XVIIIe siècle qui a remplacé la majesté par la fantaisie : courbes, coquilles, asymétrie, teintes claires. En France, on parle plutôt de style rocaille, et c’est sur les meubles qu’il se reconnaît le mieux.
Par Ombeline GarriguesMis à jour le

Le style apparaît en France sous la Régence, de 1715 à 1723. La cour quitte Versailles pour Paris et se détache de l’étiquette rigide du règne précédent. On veut des pièces plus petites, plus intimes, plus confortables. Des ornemanistes comme Gilles-Marie Oppenord, Juste-Aurèle Meissonnier ou Nicolas Pineau dessinent un décor plus léger, et le style culmine sous Louis XV, dans les années 1730 et 1740.
En France, on parle de style rocaille, et il reste assez mesuré : l’architecture des façades demeure classique, la fantaisie se loge à l’intérieur, dans les boiseries, les miroirs et les meubles. Le mot rococo s’applique surtout aux versions d’Europe centrale, d’Allemagne du Sud, d’Autriche ou d’Italie, bien plus mouvementées, jusque dans les églises. Les historiens le rattachent au baroque, dont il serait la forme tardive, ou en font un style à part entière.
Selon le témoignage du peintre Étienne-Jean Delécluze, le terme naît vers 1797 dans les ateliers parisiens, chez les élèves du peintre néoclassique Jacques-Louis David. Il dérive de rocaille, l’ornement qui imite rochers et coquillages, avec un redoublement moqueur de la syllabe co. L’intention est moqueuse : on juge ce décor frivole et dépassé. Il garde ce sens péjoratif jusqu’au milieu du XIXe siècle, quand les historiens de l’art l’adoptent pour nommer un mouvement à part entière.
Le meuble change de rôle. En plus de montrer un rang, il doit être confortable, léger, facile à déplacer. Chaque usage reçoit sa forme. La commode prend une façade galbée et des côtés bombés, posée sur des pieds cambrés, couverte de marqueterie de fleurs et de bronzes dorés en forme de coquilles et de feuillages.
Les sièges se multiplient. La bergère est un fauteuil à joues pleines et coussin d’assise amovible. La voyeuse, au dossier surmonté d’une manchette rembourrée, servait à s’accouder pour suivre une partie de cartes. Les fauteuils se partagent entre dossier plat, dit à la reine, et dossier creusé. Le bois se sculpte de fleurettes, le noyer et le hêtre dominent, et l’assise est souvent garnie de cannage pour les sièges ou couverte de tapisserie.
Le baroque cherche la grandeur : symétrie, volumes lourds, or massif, contrastes dramatiques. Le rococo garde le goût des formes complexes, mais les rend plus fines, plus organiques, posées sur des surfaces lisses. Il préfère le blanc à l’or en aplat, l’intimité au cérémonial, le salon au grand appartement. Dans les années 1760, l’architecte Jacques-François Blondel en critique les excès et le goût revient à l’antique : avant la Révolution, il est passé de mode en France, remplacé par la rigueur néoclassique.
Le rocaille a connu un fort retour au XIXe siècle. Beaucoup de fauteuils et de commodes dits Louis XV datent donc du XIXe siècle, voire d’après. Un meuble d’époque a été fait au XVIIIe siècle ; un meuble de style reprend ses formes plus tard. Les assemblages, les traces d’outils, les bois secondaires et l’usure aident à trancher, mais la conclusion revient à un ébéniste restaurateur ou à un spécialiste du mobilier ancien. Le même raisonnement vaut pour reconnaître un miroir ancien à cadre rocaille. Pour situer le rococo dans la suite des styles, voyez aussi notre comparatif art nouveau ou art déco.
Des courbes et contre-courbes en C et en S, l’asymétrie, des motifs tirés de la nature comme la coquille, la rocaille, les fleurs et les feuillages. Les couleurs sont claires, rehaussées d’or. Les meubles sont galbés, posés sur des pieds cambrés, pensés pour le confort.
Le baroque, plus ancien, est solennel : symétrie, volumes massifs, effets dramatiques. Le rococo en reprend le goût des formes complexes mais l’allège : ornements fins, asymétrie, pièces intimes, couleurs pastel. On le décrit souvent comme la forme tardive et plus légère du baroque.
En France, le style apparaît sous la Régence, de 1715 à 1723, culmine sous Louis XV dans les années 1730 et 1740, puis recule à partir des années 1760 devant le retour à l’antique. En Allemagne et en Italie, il reste vivant plus longtemps.
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